Février 2009

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Retour vers le somaire des Brèves 02/2009  


« L’accueil des personnes âgées

et des personnes handicapées

françaises en Belgique »


 
Mme Cecile Gallez, députée du Nord,  a remis officiellement  le 13 février à Lille un Rapport sur l’accueil des personnes âgées et des personnes handicapées françaises en Belgique Cette mission  lui avait été confiée par Mme Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la solidarité, en février 2008.


La tradition d’accueil en Belgique des personnes âgées et handicapées françaises est ancienne, tout particulièrement en Wallonie. Elle s’explique, naturellement, par la proximité géographique et linguistique des deux pays, qui permet aux familles de trouver des solutions près de chez elles. C’est aussi le résultat d’un manque de places  disponibles en France, une situation dans certains cas très pénibles, surtout pour les personnes atteintes de certains handicaps et de troubles autistiques. Mais, un facteur, parfois prépondérant dans la décision des familles, et déjà noté dans des rapports précédents,  est lié  à la qualité de la prise en charge en Belgique.


1/ Accueil des personnes âgées en Belgique


1 575 personnes ont été recensées en 2005, soit 0,2 % seulement des personnes dépendantes de plus de 60 ans en France ; elles sont originaires pour 80% de la région du Nord Pas-de-Calais.


Les structures sont dans l’ensemble plus petites, plus médicalisées, plus encadrées et plus souples en Belgique et elles accompagnent davantage qu’en France la personne tout au long de son parcours. L’étude des structures belges conduit la rapporteur à formuler de nombreuses recommandations pratiques comme la simplification des procédures d’autorisation administratives pour ouvrir ou rénover un établissement, la formation et la répartition des tâches du personnel soignant….


2/ Accueil des personnes handicapées en Belgique


Environ 6 500 personnes handicapées françaises sont accueillies en Belgique (essentiellement en Wallonie) tous âges et tous handicaps confondus : environ 3 600 personnes en établissements médicosociaux belges et 2 920 jeunes enfants dans l'enseignement spécialisé belge dont une large majorité  ne résident pas en Belgique (année scolaire 2006-2007).

Les personnes handicapées accueillies en Belgique sont en large majorité originaires des départements frontaliers et de la Région parisienne. Mais près de la moitié des départements français (48 sur 100) ont passé des conventions individuelles avec des établissements belges.


L’étude souligne une plus grande souplesse des établissements, pas segmentés comme en France selon l’âge, les différentes catégories de handicap et de statut, une très forte implication des familles, un accompagnement très pragmatique au cas par cas offrant un aspect plus éducatif que médical et un personnel d’encadrement plus polyvalent. A titre d’exemple, il y a plus de personnel administratif et moins d’aides soignants en France qu’en Belgique.


Comme pour la problématique précédente, le rapport détaille la structure des établissements, l’extrême complexité de la répartition de la prise en charge des personnes handicapées et propose de nombreuses mesures pour améliorer la prise en charge en France.


Il faut aussi noter que toute une partie est consacrée au statut des personnes protégées accueillies en Belgique qui peut entraîner des conséquences pour l’octroi des prestations sociales et de la couverture sociale : établissement des cartes d’identité nationales, relevé des empreintes digitales, adresse du tuteur pour les curatelles….


3/ L’autisme


L’autisme fait l’objet d’un chapitre spécial  au vue de la complexité de ce handicap et les spécificités de sa prise en charge. Ce n’est qu’en 2004 que la communauté française (région wallonne et Bruxelles) a reconnu l’autisme comme un handicap spécifique  et il manque cruellement de structures adaptées dans la partie francophone de la Belgique. Mais la situation est encore plus catastrophique en France. 


Mme Gallez dénonce fermement l’approche psychanalytique et médicale de l’autisme en France au détriment de l’approche comportementaliste en vigueur en Belgique et parle de « gâchis humain et financier ».


 
5/ En conclusion, Belges et Français ont  affirmé une volonté commune de travailler ensemble, en s’inspirant des bonnes pratiques de chaque côté de la frontière. Il s’agit d’une démarche inédite dans le champ des personnes handicapées et des personnes âgées. A cet effet, la France et la Région wallonne vont conclure un accord-cadre qui définira une  meilleure coordination des échanges de données entre les deux pays ainsi que de l’inspection des établissements.

Et Mme Gallez de conclure : « Au terme de cette mission, s’il y a un message que je tiens à transmettre aux autorités françaises, c’est celui de traiter le problème de l’hébergement des Français en Belgique en collaboration et concertation permanent avec nos voisins belges afin de  travailler dans le même sens. Le manque de coopération franco –belge aux plus hauts niveaux est, jusqu’à présent, à imputer aux autorités françaises qui n’ont pas répondu à la demande pourtant insistante du gouvernement wallon » 
 

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